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chdjamel
Description du blog :
Etre journaliste en Algérie à la lumière de ce qui se fait ailleurs.
Catégorie :
Blog Actualité
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06.10.2007
Dernière mise à jour :
07.11.2009

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Georges Gros: "Au service de la vérité"

Publié le 29/09/2009 à 17:48 par chdjamel

 

Trop souvent, dans les rédactions, on ne se parle pas assez, on ne se confie pas… On travaille côte à côte, mais pas ensemble. Pourtant, tout indique, dans l’histoire de la presse, qu’une équipe rédactionnelle soudée peut soulever des montagnes, bousculer les adversaires de la vérité. Qui a oublié le « Washington Post » et la chute de Nixon, l’homme le plus puissant du monde ?

 

 

"Elle éclate, elle se tait, elle se recherche, elle se traque, elle se cache, elle se masque, elle se proclame, elle se crie… La vérité est au cœur de la condition humaine… et au centre du métier de journaliste. Quelque soit son média, quelque soit sa spécialité, quelque soit son poste dans la hiérarchie de la rédaction, l’homme de presse se doit d’être à son service.

Mais le journaliste n’est ni juge, ni policier. Certes, il enquête, interroge, recueille des témoignages… avec pour seul objectif : l’information. L’information honnête, la plus exacte possible. L’information qui donnera à ses lecteurs, ses auditeurs, ses téléspectateurs, les éléments leur permettant de forger leur opinion. Bien sûr, la tentation est forte de leur faire partager ses propres convictions, de se faire avocat général. La tentation est forte de choisir son camp, de se faire le héraut de telle ou telle cause, le défenseur de telle ou telle doctrine. Le journaliste n’est pas un être froid, hors de la société, capable de la scruter tel un scanner. Commenter l’actualité est dans son rôle. Mais la règle est d’airain : les faits sont sacrés. Les déformer volontairement pour conforter un point de vue est un crime contre la liberté de pensée. Voilà pour l’idéal. Sur le terrain, les choses ne sont pas si simples…

D’abord parce que la vérité est rarement unique. La vérité du vainqueur l’emporte sur celle du vaincu. La vérité de la victime n’est pas celle de l’agresseur supposé… et chaque témoin d’un événement l’a vu et enregistré de manière différente. Au journaliste de savoir démêler l’écheveau, de reconnaître, si nécessaire, que la vérité est multiple, de mettre sur la table tous les éléments, tous les avis recueillis.

Cette fonction de médiateur suppose une rigueur professionnelle de chaque instant, un effort constant dans la recherche et la vérification de l’information.

Ensuite, parce que, face à lui, se dressent ceux dont l’objectif est d’imposer leur vérité. Parfois brutalement, dans les régimes autoritaires, qui ne supportent pas l’opposition.

Souvent de manière plus feutrée ailleurs, là où les forces politiques, économiques, sociales et culturelles savent que, pour triompher, elles doivent en passer par la construction d’une opinion publique favorable. Ici, le journaliste est clairement menacé de prison, là, il est sollicité, cajolé, aidé…et vilipendé si, rebelle, il ne se soumet pas, si, arguant de sa liberté, il rejette le doux confort de la pensée unique.

Enfin, parce que, pour atteindre le grand public, l’information doit aussi satisfaire aux règles d’acier de l’économie. La rechercher, la vérifier, la présenter coûtent cher. Prospère, l’entreprise de presse peut affronter la tourmente provoquée par la révélation d’un scandale, prendre le risque d’un procès. Désargentée, elle aura tôt fait d’être étouffée, contredite, tournée en dérision. A moins que l’adversaire ne choisisse la méthode encore plus radicale de l’action civile, qui, ici el là, a déjà tué quelques titres.

Admettons tous ces obstacles franchis. Il en reste un : la conscience du journaliste, son sens civique, sa manière de concevoir sa place dans la société. La question est simple, nul n’a trouvé la réponse universelle : Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? La loi, bien sûr, interdit avec raison les atteintes à la vie privée. Encore faut-il, de plus en plus souvent, en préciser les limites… Elle réprime aussi les appels à la haine raciale, les discriminations liées à la religion ou à l’origine ethnique. Et c’est tant mieux.

Mais rien n’interdit au journaliste de désigner à la vindicte populaire le nom d’un assassin présumé, qui, deux jours plus tard, innocenté, paiera de sa vie cette erreur d’un juge subjugué par les médias. Rien n’interdit au journaliste de publier le nombre de voitures incendiées, le soir de la Saint-Sylvestre, dans une grande ville de France. Quitte à en faire un record à battre l’année suivante ou dans une autre banlieue. Deux exemples. Il en existe des centaines. Deux vérités. Fallait-il les révéler ? Oui, au nom du droit du public à l’information. Non, en raison de leur impact sur des esprits faibles…

Tout journaliste, dans sa vie professionnelle, parfois plusieurs fois par jour, est confronté à cet épuisant parcours du combattant. Ses armes personnelles -sa formation professionnelle, son respect de la déontologie- sont de précieux atouts. Mais leur efficacité peut, au fil des ans, s’émousser. Seul, il baissera la garde. Entouré, il retrouvera ses marques. Trop souvent, dans les rédactions, on ne se parle pas assez, on ne se confie pas… On travaille côte à côte, mais pas ensemble. Pourtant, tout indique, dans l’histoire de la presse, qu’une équipe rédactionnelle soudée peut soulever des montagnes, bousculer les adversaires de la vérité. Qui a oublié le « Washington Post » et la chute de Nixon, l’homme le plus puissant du monde ?"

 

 

Source : la Gazette de la francophonie, numéro juillet-août 2009



"Journalistes, regardez-vous !"

Publié le 29/09/2009 à 17:06 par chdjamel

 

La liberté de l’information est menacée à travers le monde ?Commençons par balayer devant notre porte !

 

"Si l’on veut défendre les libertés publiques, comme a tenté de le faire Martine Aubry dans un Zénith à moitié vide, il ne faut pas regarder uniquement du côté de Sarkozy ; il faut regarder d’abord du côté de l’information. Sans une presse libre et une information honnête, ce sont toutes les libertés qui peuvent être bafouées et réduites à néant. Or les chances d’une information équilibrée, soucieuse de vérité, sont battues en brèche par les conditions mêmes dans lesquelles se déroule désormais la mêlée médiatique. Il n’y va pas seulement de l’avenir de notre profession, à nous autres journalistes ; il y va d’abord de notre responsabilité.

 

Trois événements de nature diverse, que je tire de l’actualité récente, nous invitent à y réfléchir.

 

Le comité Balladur

 

Un rapport qui proposait une réforme d’ensemble des libertés locales a été littéralement saboté dans l’opinion par la course au scoop, qui a pour loi la concurrence entre les médias et pour norme la divulgation d’un événement avant même qu’il ait eu lieu. Un point qui n’avait fait l’objet d’aucun débat tant il paraissait aller de soi – faciliter le regroupement volontaire de régions qui le désireraient – est devenu, par la grâce de fausses indiscrétions, l’objet principal de la controverse, au mépris des autres mesures préconisées. Et plus grave encore, au mépris de la vérité. Avant même la publication du rapport, des cartes d’une France remodelée selon les prétendus principes du Comité ont vu le jour dans divers journaux. Et pour faire encore plus gros, on a zoomé sur une région martyre : la Picardie ! Aux armes, citoyens, on veut vous priver de la Picardie ! Tout cela était totalement imaginaire. Mais sous le double empire du soupçon et de la rumeur, l’information est devenue manipulation et mensonge. Etonnez-vous, après cela, du scepticisme croissant des citoyens.

 

La mort de Bashung

 

C’était un grand chanteur, un immense chanteur aux yeux de certains, et je ne veux nullement mettre en question la place considérable que les médias lui ont faite. Je remarque seulement que cette place paraît avoir été surtout dictée par l’émotion suscitée par son combat contre la maladie et par son apparition, émouvante en effet, aux Victoires de la Musique quelques jours avant sa mort.

En mai 2007, on a appris par le faire-part nécrologique du «Monde» le décès du physicien Gilles de Gennes, que l’Académie Nobel, en le couronnant, avait qualifié « d’Isaac Newton de notre temps ». L’extrême discrétion qui a entouré sa fin de vie et son inhumation a eu pour conséquence une place ténue, indigente, dans la presse de l’époque. Il ne s’agit pas de comparer deux personnalités mais deux situations médiatiques. C’est l’empire de l’émotion qui a décidé du traitement journalistique des deux nouvelles, non la valeur intrinsèque de celles-ci. Désormais, la place faite à une information est dictée non par son importance mais par son retentissement attendu dans l’opinion. Et que dire du délire qui s’empara des médias à l’échelle mondiale lors de la mort de la princesse Diana ?

 

Le voyage du pape en Afrique

 

J’ai dit, en des termes d’une extrême sévérité, les sentiments que m’inspirait le comportement de Benoît XVI à propos de la levée de l’excommunication de l’évêque négationniste Williamson, et, à l’inverse, de celle qui a frappé la mère et les médecins de la fillette brésilienne violée par son beau-père et enceinte à l’âge de 9 ans. Derechef, je pense que c’est une bêtise et une inexactitude de sa part que d’avoir affirmé dans l’avion qui le conduisait en Afrique que le préservatif pouvait même aggraver la situation créée par le sida. Sous-entendu : en inspirant à l’usager un sentiment de fausse sécurité.

A partir de là, la plupart des médias de toutes origines et de toutes orientations ont pratiquement renoncé à informer sur le voyage du pape. Il réunissait des foules énormes et enthousiastes ? – Le préservatif ! Il condamnait la corruption, la violence, la guerre ? –Le préservatif ! Il dénonçait le statut diminué de la femme africaine ? - Le préservatif ! La presse regrettait benoîtement –si l’on ose dire – que cette satanée capote ait oblitéré tous les autres aspects du voyage. Mais la faute à qui, chers confrères ? Quand les médias, d’informateurs qu’ils sont par vocation, se transforment en justiciers et appliquent à leur cible un véritable lynchage, il y a perversion de leur mission. Oui, la liberté de l’information est aujourd’hui menacée à travers le monde. Mais les informateurs, nous-mêmes, doivent commencer par balayer devant leur porte."

 

Jacques Julliard, « Le Nouvel Observateur », cité par la Gazette de la francophonie (juillet-août 2009)

Simpral: Lettre à Monsieur le Premier Ministre

Publié le 25/09/2009 à 15:37 par chdjamel

Au nom de l'ensemble des travailleurs de la Société d'impression d'Alger (Simpral), mobilisés autour de la sauvegarde de leur emploi, nous sollicitons vos instructions diligentes pour mettre un terme aux ingérences illégales du chef de cabinet du secrétaire d'Etat chargé de la Communication.

Par ses injonctions répétées et ses pressions annonciatrices d'une dissolution programmée, ce dernier s'érige en plaideur des causes injustes au détriment d'une entreprise publique. Pour le recouvrement de ses créances détenues sur certains éditeurs, la Simpral a d'abord privilégié le cadre serein et concerté qui s'est avéré infructueux. Devant une résistance préjudiciable financièrement, le recours à la justice est rendu par conséquent inévitable. A notre grande surprise, nous constatons avec regret que toutes les décisions de justice en faveur de la Simpral, rendues définitives au nom du peuple algérien par l'instance compétente avec la forme exécutoire, sont systématiquement remises en cause par le chef de cabinet, avec note écrite faisant ressortir notamment la mention «suspendre l'exécution jusqu'à nouvelle instruction...».

Respectueux de la hiérarchie, notre directeur général a suspendu l'exécution entamée par l’huissier de justice et signé un protocole d'accord pour un règlement à long terme imposé par l'éditeur, fort des instructions prescrites outrepassant la législation en vigueur. Par ailleurs, à la demande de certains éditeurs publics et privés, la Simpral a procédé au tirage pour la parution de leur titre le vendredi. A l'instar de tous les imprimeurs publics, la Simpral est rendue destinataire d'une note datée du 31 août 2009 émanant encore une fois du chef de cabinet, rappelant que «l'impression des journaux ne doit pas avoir lieu durant la nuit du jeudi au vendredi, consacrée à la maintenance des équipements...».Contrairement au motif évoqué et de l'avis des professionnels aux compétences avérées, l’entretien et la maintenance des machines doivent se faire au quotidien, de jour et avant leur exploitation. Dans le respect de la note précitée et expressément rappelée à la Simpral, nos rotatives n'ont pas tourné la nuit du jeudi au vendredi correspondant au 4 septembre 2009 en annulant les tirages déjà convenus et négociés. Durant la même nuit, les tirages refusés par la Simpral conformément aux instructions hiérarchiques ont connu une parution chez un imprimeur de même statut et de même vocation. Le collectif des travailleurs rejette une note avec une portée qui s'impose à la Simpral et ne produit aucun effet pour un autre imprimeur relevant du même secteur et s'interroge sur les objectifs assignés à ces injonctions.

Dans l'attente de vos instructions tendant à rétablir notre société dans ses droits légitimes, veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de notre haute considération.

 

Pour le collectif des travailleurs, le secrétaire général de la section syndicale Abdelhamid Bounouh

 

El Watan, le 8 septembre 2009

Presse sportive: lutter contre la violence dans les stades

Publié le 25/09/2009 à 15:11 par chdjamel

Les ateliers sur la formation dans l'information sportive, l'amélioration de la communication entre les médias et les institutions sportives, et le rôle de l'information dans la prévention de la violence dans les stades, ont été installés jeudi 24 septembre à la maison de la presse à Alger.

Ces ateliers sont le fruit de la volonté affiché par le secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Communication, Azzedine Mihoubi, et du ministre de la Jeunesse et des Sports, Hachemi Djiar, pour arriver à une Charte sur l'éthique professionnelle dans le secteur de l'information sportive, et assainir le secteur de l'information sportive. Les membres de ces ateliers doivent notamment se pencher sur les aspects liés à l'information sportive expurgée des expressions violentes, les relations entre les médias et les institutions sportives, et la contribution de la presse sportive pour la lutte contre le phénomène de la violence dans les enceintes sportives. M. Mihoubi avait souligné lors du séminaire sur la problématique générale de l'information sportive et aux divers aspects de son rôle dans la prévention de la violence, organisé début septembre à la salle El-Mougar d'Alger que « ces ateliers ont pour objectifs de favoriser la formation des journalistes et tenter aussi de trouver des mécanismes pour faciliter la communication entre les médias et les institutions sportives », rappelle-t-on. « Je fais appel aux responsables (des journaux) pour améliorer et élever le niveau de la langue utilisée et ne pas s'immiscer dans les affaires internes des clubs, ce qui les amènent à négliger leur principale mission, celle de l'information pour le public, qui exige la neutralité et la crédibilité », avait-t-il affirmé. Les chefs d'ateliers devraient se réunir lundi prochain avec les membres de ces ateliers (au siège du secrétariat Etat auprès du Premier ministre, chargé de la Communication), pour terminer leur travail en apportant des propositions de solutions concrètes et des recommandations pour développer l'information sportive et lutter, à travers les médias, contre la violence dans les stades.

 

APS, Alger, le 24 sept 2009      

Décès de Mohamed Laïdi, un des pionniers de la maquette

Publié le 25/09/2009 à 14:56 par chdjamel

 Le monde de la presse nationale vient de perdre Mohamed Laïdi, un des pionniers de la maquette, décédé mercredi soir suite à une attaque cardiaque, a-t-on appris jeudi auprès de ses proches.

Mohamed Laïdi, 63 ans, était un spécialiste de la maquette et du secrétariat de rédaction. Il a formé, durant sa riche carrière, plusieurs maquettistes et secrétaires de rédaction et a également enseigné à l'Institut du journalisme d'Alger. Avant son décès, il occupait le poste de secrétaire général de rédaction (SGR) au quotidien Le Temps d'Algérie.

 

APS, Alger, jeudi 24 sept 2009     

L’Ecole nationale supérieur de journalisme est née

Publié le 15/09/2009 à 14:25 par chdjamel

L’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information est officiellement née. Le décret exécutif y afférent a été signé par le Premier ministre Ahmed Ouyahia, le 10 août 2009. Le texte est publié dans le numéro 46 du Journal officiel. 

 

 

Mongolie: 12 quotidiens pour 2,9 millions d’habitants

Publié le 15/09/2009 à 13:40 par chdjamel

Pléthore de chaînes télévisées et de journaux, piratage massif de programmes, diffamation, rumeurs et collusion avec les partis politiques, la presse qui a fleuri en Mongolie depuis la démocratisation et la levée de la censure oscille entre jungle et Far West. Mais de cette pittoresque pagaille commencent à émerger, près de 20 ans après l'émancipation de cet ancien satellite soviétique, des signes encourageants: future loi sur les médias et patrons de presse plus soucieux d'éthique.

Avec des hivers parmi les plus longs et rigoureux de la planète et un chômage élevé, les Mongols sont de grands consommateurs de télévision. Et de journaux aussi, grâce à un taux d'alphabétisation remarquable (97%) pour un pays dont la moitié des habitants reste nomade ou semi-nomade et un tiers vit sous le seuil de pauvreté. Mais l'offre est démesurée pour une population de seulement 2,9 millions d'habitants, estiment unanimement les patrons de presse interrogés par l'AFP à Oulan-Bator. "On a 500 périodiques enregistrés, dont 100 sont effectivement publiés, alors que le Japon en a 300 pour 120 millions d'habitants!", s'exclame Sh. Davaadorj, rédacteur en chef adjoint du groupe Mongol News Co. "Tous les jours 12 quotidiens sortent en Mongolie!". "Quant aux télévisions, on en a plus de 20. On a bien trop de télévisions et bien trop de journaux!", dit M. Davaadorj. Batbaatar Sodnomdarjaa, également rédacteur en chef adjoint du même groupe, déplore, lui, l'implication massive des partis politiques dans les médias mongols. "Notre plus grand problème ici, c'est que la plupart des journalistes sont mal payés et les médias en difficulté financière. Les hommes politiques versent de l'argent pour faire publier des informations", dit-il. "La plupart des chaînes de télé appartiennent à des politiciens et ont été lancées pour l'heure de propagande des infos du soir", confirme Ben Moyle, Directeur de C1 Television. "Beaucoup des infos sont 'fabriquées' en période électorale", lorsque sont lancées de nouvelles stations, ajoute le Britannique. Et les journaux ne font pas non plus le meilleur usage de la toute nouvelle liberté d'expression, publiant rumeurs et calomnies.

Le piratage généralisé est une autre plaie des médias mongols. Non seulement les journaux se volent des photos les uns aux autres, mais les chaînes de télé siphonnnent allègrement les programmes de la BBC, d'Eurosport, des chaînes russes ou de la CCTV chinoise, les séries sud-coréennes et les films de Hollywood. "C'est très facile de monter une télé", explique M. Moyle. "On peut remplir des camions de DVD, de programmes des Etats-Unis ou de Corée du Sud (ndlr: où vit une large communauté mongole) et tout rediffuser gratuitement". Les télés "mettent dessus une voix-off en mongol, et elles font un tabac!", dit-il. C'est ainsi que la Mongolie s'est retrouvée avec 16 chaînes ayant une licence et beaucoup d'autres encore sur le câble, où aucune licence n'est requise, fonctionnant avec un budget et des effectifs lilliputiens.

Mais fin septembre, les députés doivent se pencher sur une loi qui s'intéressera notamment à la propriété intellectuelle. "On n'a pas peur de la concurrence", assure L. Chinbat, devenu l'une des plus grosses fortunes de Mongolie grâce aux mines d'or et qui vient de lancer Mongol TV. "La nouvelle loi va changer les choses. Notre arme, ce sera l'information: des faits et de la qualité".  

OULAN-BATOR, AFP, le 15 septembre 2009  

Presse: L'Europe met la Turquie en garde

Publié le 11/09/2009 à 12:55 par chdjamel

 La Commission européenne a estimé vendredi 11 septembre que l'énorme amende pour fraude fiscale infligée par le gouvernement turc au groupe de presse d'opposition Dogan est une grave attaque contre la liberté de la presse, peu compatible avec la candidature de la Turquie à l'UE. L'amende sans précédent -1,75 milliard d'euros- infligée mercredi au Dogan  Yayin Holding (DYH), le plus grand groupe indépendant de presse turc, est le dernier épisode d'une confrontation avec les pouvoirs publics, sur fond d'affrontement avec le parti gouvernemental de la Justice et du Développement (AKP). "Cette nouvelle et très forte amende infligée au groupe Dogan préoccupe  gravement la Commission", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la Commission. "Quand la sanction est d'une telle ampleur qu'elle menace l'existence même  d'un groupe de presse entier, comme c'est le cas, alors la liberté de presse  est en jeu", a-t-il souligné. L'exécutif européen "va évidemment donner à cette affaire toute la place qu'elle mérite dans son prochain Rapport d'étape (sur les négociations d'élargissement avec la Turquie) qu'il doit adopter le 14 octobre", a prévenu le porte parole de la commission.  

AFP, Bruxelles, le 11 sept 2009  

Le 1er groupe de presse turc sanctionné

Publié le 09/09/2009 à 16:52 par chdjamel

      

Le plus grand groupe indépendant de presse turc, Dogan Yayin Holding (DYH), s'est vu infliger une amende sans précédent-1,75 milliard d'euros- pour fraude fiscale, dernier épisode d'une confrontation avec les pouvoirs publics qui suscite une polémique sur la liberté de la presse. L'amende de 3,75 milliards de livres turques a provoqué mercredi 9 septembre à la mi-journée une chute de près de 11% des titres de DHY à la bourse d'Istanbul, après un plongeon de 20% la veille. Un litige fiscal se poursuit entre ce groupe, dont le siège se trouve à Istanbul, et les pouvoirs publics, sur fond d'affrontement avec le parti gouvernemental de la Justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste). La sanction est le résultat d'un contrôle dans les comptes de DYH pour les années 2005, 2006 et 2007 concernant des arriérés d'impôts, selon le vice-président du groupe Soner Gedik, cité mercredi par les journaux du groupe. Le groupe devait demander un nouveau contrôle. Il s'agit de la deuxième très lourde amende infligée depuis le début de l'année au groupe Dogan, qui contrôle plus de la moitié du marché des médias privés du pays. Le groupe avait alors assuré que cette première amende, d'un montant d'environ 370 millions d'euros, visait à museler les critiques contre le gouvernement. Le ministère des Finances reprochait en février au conglomérat des retards d'impôts dans un transfert de capital à l'éditeur allemand Axel Springer, ce que le groupe nie, affirmant avoir payé à temps. La justice n'a pas encore tranché sur cette première affaire. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué dans le passé la couverture, par les médias Dogan, de la politique menée par son gouvernement.

Aydin Dogan, homme d'affaires septuagénaire propriétaire du groupe, avait dénoncé une campagne d'intimidation. "Tout cela est politique: M. Erdogan veut une Turquie calme et silencieuse", avait déclaré le magnat de la presse. Une série d'articles sur des liens supposés entre une affaire de détournements de fonds impliquant une organisation caritative islamique en Allemagne et l'AKP avait irrité le Premier ministre. Ce dernier s'illustre régulièrement par ses envolées contre la presse  d'opposition alors qu'il est soutenu par d'autres médias, contrôlés notamment par ses proches. Mais le conglomérat Dogan, actif dans le pétrole, l'énergie et la finance,  utilise régulièrement sa puissance pour exprimer ses préférences politiques. Ce fut notamment le cas avec une campagne contre le gouvernement pro-islamiste de Necmettin Erbakan, éloigné finalement du pouvoir en 1998. Dogan s'est ainsi montré critique à l'égard de l'AKP, au pouvoir depuis 2002 et soupçonné par les milieux laïques de vouloir islamiser la Turquie, pays musulman mais laïque.

A la tête d'un empire qui compte sept quotidiens, des dizaines de magazines, une maison d'édition, trois chaînes de télévision, et réalise 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires, la famille Dogan est l'une de celles qui dominent l'économie nationale.    "Le Premier ministre n'apprécie pas Aydin Dogan, il veut l'évincer car les journaux et télévisions du groupe (...) sont les seuls à critiquer librement le gouvernement", souligne Metin Münir, éditorialiste au journal libéral Milliyet qui fait partie du conglomérat.

   

Burak AKINCI, Ankara, 9 sept 2009 (AFP)

Khaled Bounedjma-Ennahar : la polémique enfle

Publié le 04/08/2009 à 17:40 par chdjamel

 

Le quotidien arabophone Annahar El Djadid que dirige Anis Rahmani a une nouvelle fois tiré sur Khaled Bounedjma, secrétaire général de la Coordination nationale des enfants de Chouhada (CNEC). Dans son édition d’aujourd’hui mardi 4 août 2009, le journal a titré en gros caractère sur un fond noir : «Le ministère français de la Défense…  «Bounedjma harki ». C’est en Une que le quotidien a aussi reproduit un document attribué au même ministère français, un document qui porte la signature du lieutenant-colonel Alain David, directeur du bureau central d’archives administratives militaires. Dans ce document, il est question des états de services de Bounedjma Mohamed, père du SG de la CNEC, en tant que « harki » (traitre à la Révolution). Le journal écrit que ce document est généralement attribué aux seuls descendants afin de constituer un dossier de demande de pension de harki auprès de l’Etat français. A ce titre, le quotidien ne précise pas la manière avec laquelle il a pu se procurer de document « secret ». De plus, Ennahar se dit disposer à publier de nouveaux documents attestant la qualité de harki du père de Khaled Bounedjma dans le cas où ce qui vient d’être publié ne serait pas suffisant à convaincre les concernés. « Si vous voulez, il y a plus ! », écrit-t-il. Dans un deuxième article, le quotidien révèle que la famille Bounedjma a tenté d’avoir une pension de harki. Le ministère Français de la Défense n’aurait pas accordé cette pension parce que Mohamed Bounedjma n’aurait pas été enrôlé dans l’armée française d’occupation. Par ailleurs, Ennahar a publié deux autres articles pour défendre la thèse suivant laquelle le père de Anis Rahmani, directeur du journal, n’est pas un traitre à la Révolution. Enfin, le quotidien a tiré sur la directrice de l’autre quotidien arabophone El Fadjr, Hadda Hazzam. Dans son édition de lundi 3 août, El Fadjra en effet traité du dossier opposant Ennahar à Khaled Bounedjma. Il a tiré en Une : «Qui est le Moudjahid et qui est le traitre». Dans ce dossier, El Fadjr a soutenu que c’est le père de Anis Rahmani qui est le traitre. En quelque sorte, Ennahar a répondu aujourd’hui à ce qui a été écrit dans El Fadjr d’hier.