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chdjamel
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Etre journaliste en Algérie à la lumière de ce qui se fait ailleurs.
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06.10.2007
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"les donneurs de leçons", la mise au point de Mammeri

Publié le 13/10/2009 à 16:39 par chdjamel
"les donneurs de leçons", la mise au point de Mammeri

A la suite d'un article publié par El Moudjahid ciblant les étudiants de l'université de Tizi Ouzou et l'écrivain Mouloud Mammeri, très porté sur les questions culturelles, ce dernier a adressé au journal une mise au point. Ce texte n'a jamais été publié par le quotidien en question.

"Dans la page culturelle du n°4579 de votre journal, en date du 20 mars 1980, vous avez fait paraître un article me mettant directement en cause, sous le titre « Les donneurs de leçons ». Le texte contenant un certain nombre de contrevérités, je vous prierai de faire paraître ce rectificatif dans la même page de votre prochain numéro.

Sur les allégations me concernant personnellement, je fais l'hypothèse charitable que votre bonne foi a été surprise et que ce qui ailleurs s'appellerait mensonge et diffamation (et serait à ce titre passible des tribunaux), n'a été chez vous qu'erreur d'information. Il va de soi que je n'ai jamais écrit dans L'Echo d'Alger l'article mentionné dans votre texte.

Il va sans dire que je n'ai jamais eu à refuser de signer le mystérieux manifeste de 1956 que vous évoquez en termes sibyllins. Je serais heureux néanmoins que cet incident soit pour vous l'occasion de prendre une dernière leçon sur la façon même dont vous concevez votre métier.

Le journalisme est un métier noble mais difficile. La première fonction et à vrai dire le premier devoir d'un journal d'information comme le vôtre est naturellement d'informer. Objectivement, s'il se peut, en tout cas en toute conscience. Votre premier devoir était donc, quand vous avez appris ces évènements (et non pas dix jours plus tard) d'envoyer un de vos collaborateurs se renseigner sur place sur ce qui s'est passé exactement afin de les relater ensuite dans vos colonnes.

Vous avez ainsi oublié de rapporter à vos lecteurs l'objet du mécontentement des étudiants. Cela les aurait pourtant beaucoup intéressés. Cela leur aurait permis en même temps de se faire une opinion personnelle. Ils n'ont eu hélas droit qu'à la vôtre. Vous auriez pu pourtant leur apprendre qu'il est des Algériens pour penser qu'on ne peut pas parler de la poésie Kabyle ancienne à des universitaires algériens.

Nous sommes cependant quelques-uns à penser que la poésie kabyle est tout simplement une poésie algérienne, dont les Kabyles n'ont pas la propriété exclusive, qu'elle appartient au contraire à tous les Algériens, tout comme la poésie d'autres poètes algériens anciens comme Ben Msaïeb, Ben Triki, Ben Sahla, Lakhdar Ben Khlouf, fait partie de notre commun patrimoine.

En second lieu, un journaliste digne (et il en est beaucoup, je vous assure) considère que l'honnêteté intellectuelle, cela existe, et que c'est un des beaux attributs de la fonction-même et surtout quand on écrit dans un organe national- là, moins qu'ailleurs, on ne peut se permettre de batifoler avec la vérité. Je parle de la vérité des faits, car pour celle des idées, il faut une dose solide d'outrecuidance pour prétendre qu'on la détient. Mais visiblement pareil scrupule ne vous étouffe pas. Avec une superbe assurance et dans une confusion extrême, vous légiférez, mieux, vous donnez des leçons.

Vous dites la volonté, que vous même appelez unanime, du peuple algérien, comme si ce peuple vous avait, par délégation expresse, communiqué ses pensées profondes et chargé de les exprimer. Entreprise risquée ou prétention candide ? Quelques affirmations aussi péremptoires dans la forme qu'approximative dans le fond, peuvent être l'expression de vos idées (si l'on peut dire) personnelles. Pourquoi en accabler le peuple ? Il n'est naturellement pas possible de traiter en quelques lignes la masse des problèmes auxquels vous avez, vous, la chance d'avoir déjà trouvé les solutions.

Je vais donc tenter de ramener à quelque cohérence la confusion des points que vous évoquez. Vous me faites le chantre de la culture berbère et c'est vrai. Cette culture est la mienne, elle est aussi la vôtre. Elle est une des composantes de la culture algérienne, elle contribue à l'enrichir à la diversifier, et, à ce titre, je tiens (comme vous devriez le faire avec moi) non seulement à la maintenir mais à la développer. Mais, si du moins j'ai bien compris votre propos, vous considérez, comme incompatibles le fait de vouloir le développement de cette culture avec ce qu'en vrac et au hasard de votre plume vous appelez : les valeurs arabo-islamiques, l'indépendance culturelle, etc. « Vous dites la volonté (...) du peuple algérien, comme si ce peuple vous avait (...) communiqué ses pensées profondes et chargé de les exprimer ». Vous êtes naturellement libre d'avoir une pareille opinion. Ce n'est pas la mienne. Je considère personnellement qu'au fond de culture berbère, qui nous est commun à tous, l'Islam et les valeurs islamiques sont venus nous apporter un élément essentiel à la définition de notre identité. Je considère que l'Islam des premiers siècles a été un instrument de libération et d'émancipation de l'homme maghrébin. Je pense que par la suite il a été le ciment idéologique de la résistance nationale aux menées espagnoles et portugaises sur nos côtes.

Naturellement, entre les différents visages qu'il peut prendre dans la réalité, j'opte quant à moi pour le plus humain, celui qui est le plus progressiste, le plus libérateur et non pour le visage différent qu'il a pu présenter aux heures sombres de notre histoire. La contradiction visiblement ne vous gêne pas. « La nation algérienne, écrivez-vous, a trouvé son unité dans sa diversité. » Voilà un sain principe, mais comment le conciliez-vous avec l'article que vous venez de commettre ? Cette diversité que vous êtes fier d'affirmer dans les mots, cela ne vous gêne pas de la refuser aussitôt dans les faits ?

"Si je comprends bien, vous voulez vous donner en même temps le beau rôle d'un libéralisme de principe avec les avantages de la tyrannie idéologique, en un mot être en même temps progressiste dans les termes et totalitaire dans les faits ? Ne vous y trompez pas : ce genre d'agissements n'a pas la vie longue. On peut tromper tout le monde quelque temps, on peut tromper tout le temps quelques hommes, on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps. C'est un autre que moi qui l'a dit au dix-neuvième siècle et l'adage depuis a toujours été vérifié.

Le véritable problème est donc premièrement dans la conception étrange que vous avez de votre métier. Que vous soyez totalitaire c'est votre droit, mais vous concevrez aisément que d'autres Algériens préfèrent à la pratique des slogans contradictoires, celle de l'analyse honnête. Le véritable problème est deuxièmement dans la vision que vous voulez imposer de la culture algérienne, évoluant entre l'oukase et la déclaration de bonne intention toujours démentie dans les faits.

L'unité algérienne est une donnée de fait. Elle se définit, comme incidemment vous l'avez écrit, dans la diversité, et non point dans l'unicité. À cette unité dans la diversité correspond une culture vivante. La culture algérienne est, dites-vous, « sortie de ses ghettos, de ses inhibitions et de ses interdits ». Votre article est la preuve éclatante qu'hélas, elle y est enfoncée jusqu'au cou. Mais soyez tranquille : elle en a vu d'autres, la culture algérienne, et une fois de plus, elle s'en sortira. Elle s'en sortira car « toute tentative d'imposer quelque chose à notre peuple est vaine et relève de l'irresponsabilité». C'est votre propre propos. Dommage que vous n'y croyiez pas !"



Kamal Belkacem: "Les donneurs de leçons"

Publié le 13/10/2009 à 16:34 par chdjamel

 

 Dans  un article publié en page culturelle d'El Moudjahid, le 20 mars 1980, le rédacteur en chef Kamel Belkacem a pris à partie les étudiants de l'université de Tizi Ouzou ainsi que l'écrivain Mouloud Mammeri.

"Des étudiants du Centre Universitaire de Tizi-Ouzou ont exprimé leur mécontentement il y a quelques jours à la suite d’une conférence annulée d’un homme qui, pour prétendre être le chantier d’une culture berbère, n’a rien fait de tel comme contribution a son pays que rédiger un travail de « création intellectuelle sur la culture aztèque... » (1) avant d’accorder une interview à un quotidien Parisien où il confond inquisition chrétienne, monarchie marocaine et l’Islam et la Révolution algérienne.

On peut facilement comprendre pourquoi notre jeune génération a tout à gagner en se défiant de tels intellectuels (2). Les vérités d’un Kateb Yacine ou d'un Malek Haddad, même si elles ne font pas l’unanimité, sont les actes de foi patriotiques, un désir profond de communier.

L’incident que certains milieux ont tenté de récupérer n’a, il faut dire, aucune commune mesure avec la tournure qu’il a prise. Les valeurs arabo-islamiques fondamentales de notre société et, principalement l’Islam qui a trouvé le meilleur accueil en Kabylie, n’ont jamais été édifiées sur l’intolérance et le repli sur soi-même. La Nation algérienne a trouvé son unité dans sa diversité et si, à un moment donné, nous avions jugé avec une grande sévérité les passions non retenues de jeunes, enthousiastes certes, au nom de l’arabisation, il convient par ailleurs, en pareil cas de dire à ceux qui se réfugient derrière d’autres slogans, d’observer la plus grande vigilance à l’égard de ces slogans. Au moment où la Direction politique, à l’écoute des masses prend en charge tous les problèmes des citoyens, afin de les résoudre de manière globale et juste, notre peuple n’a que faire des donneurs de leçons et particulièrement de gens qui n’ont rien donné ni à leur peuple ni à la révolution , à des moments ou la contribution de chaque algérien à la cause nationale était symbole de sacrifice et d’amour de la patrie. La langue arabe - revendication de notre peuple - est notre langue nationale et il est tant qu’elle reprenne la place qui lui revient dans tous les secteurs d’activités du pays.

Nous ne pouvons en effet continuer à lier le destin des générations futures et notre indépendance à une langue étrangère qui fût la langue de nos oppresseurs, de notre dépersonnalisation.

L’arabisation, contrairement à ce qu’en pensent certains passéistes bornés et « Mac Cartyses » de la culture se traduira dans notre vie de tous les jours de façon réfléchie et révolutionnaire et avec l’adhésion de l’ensemble des Algériens. L’expérience nous a appris que toute tentative d’imposer quelque chose à notre peuple est vaine et relève d l’irresponsabilité.

La culture algérienne sortie, de ses ghettos, de ses inhibitions et de ses interdits - dus le plus souvent à quelques bureaucrates trop zélés qu’à autre chose-doit renaître grâce à l’apport des Algériens qui n’ont pas été engendrés quoiqu’en disent certains dans le berceau de la Rome antique ni dans ce du royaume du Macherek. Elle est l’expression d’une civilisation arabo-islamique qui s’est tondue harmonieusement dans les traditions et spécificités des peuples d’Afrique du Nord. Les plus grands acquis de notre peuple ne se sont pas réalisés à coups de slogans, ni contre volonté des masses populaires." K. B.


(1) Les "Aztèques" ce glorieux peuple anéanti par les Conquistadores, a fait aussi l’objet d’études célèbres de la part d’un certain Jacques Soustelle de triste mémoire. Curieux choix de ce thème.

(2) S’agissant de la participation à la guerre de libération est-il nécessaire de rappeler son refus de souscrire à un manifeste en faveur du FLN en 1956 et on dédain pour les moudjahidine de 1954, qualifiés par lui dans les colonnes de "l’Echo d’Alger" de chacals des Aurès.

(les renvois 1 et 2 sont de l'auteur)

Saïd Sadi : lettre à mes amis de la presse (juin 2000)

Publié le 11/10/2009 à 17:08 par chdjamel
Saïd Sadi : lettre à mes amis de la presse (juin 2000)

«Dans la vie des jeunes nations, les périodes marquées par des débats particulièrement conflictuels sont plus au moins bien vécues. En Algérie, ces affrontements sont admis comme des épreuves maturantes de la vie publique quand ils ne dépassent pas le stade verbal.

Cependant, d’autres situations imposent à l’homme politique des interventions plus délicates parce qu’elles mènent à des interpellations, voire des oppositions qui impliquent des femmes et des hommes avec lesquels on partage sacrifices et espérances. Dans notre pays, les responsables ont généralement évité ce genre de confrontations, leur préférant les commentaires confidentiels. Les apparatchiks « qui se mettent en réserve de la République » trouveront cette contribution peu politique. Je le sais et n’ignore pas qu’elle peut susciter polémique et procès d’intention.

Elle est dictée par le rejet du confort de l’esquive et la conviction que la loyauté et la responsabilité exigent de s’exprimer, aujourd’hui, sur une lourde tendance à l’abandon national qui occupe chaque jour les segments moteurs du progrès et de la liberté. Cette fascination du pire, aussi inattendue que périlleuse, perturbe repères et valeurs.

Ainsi, quand les islamistes s’adonnent à l’entrisme, ils font preuve d’un remarquable sens tactique. Lorsque des démocrates intègrent un gouvernement, dont le programme est conçu sur la base de leurs positions fondamentales, ils renient leurs convictions.

Quand en 1994 le FIS produit à Rome un texte à travers lequel il impose la charia à des formations qui ne se réclamaient pas de l’islamisme, des observateurs avaient longtemps perçu dans ce document « un contrat national proposant une solution globale, démocratique et politique à la crise ».

Une réunion de la coalition gouvernementale où siègent deux partis islamistes débouche sur un communiqué sommant chacun de se soumettre à l’ordre républicain, de s’engager en faveur du projet démocratique avec toutes les libertés y afférentes, de condamner le terrorisme et de saluer les patriotes qui ont sauvé le pays…, elle est suivie par des commentaires oscillant entre le cynisme et le mépris « devant une rencontre sans relief ».

Quand un général en retraite se prononce pour l’amnistie des GIA, le ban et l’arrière-ban jurent qu’il engage la République à travers sa plus haute autorité : le chef de l’Etat. Quand un ministre de l’Intérieur refuse l’agrément à un parti qui se proposait de se constituer sous la base d’une formation dissoute, la presse décrète « qu’il ne s’agit là que d’un avis personnel ».

On peut, dans la foulée, noter l’indifférence quasi générale qui a accompagné l’installation de la commission de refonte de l’éducation dont la lettre de mission constitue une remise en cause fondamentale de l’approche qui a prévalu en matière d’enseignement jusque-là. A juger la promptitude des réactions et la virulence des attaques que lui ont réservées les islamo-conservateurs, on peut supposer que, eux, ont saisi les enjeux.

Disqualifier, par principe, tout propos ou conduite officiels est, désormais, le postulat qui définit et délimite la compétence et l’éthique. Dieu sait pourtant qu’il y a matière à redire sur les insuffisances gouvernementales sans devoir sombrer dans le nihilisme.

Extrait de Tunisie où il posait quelques problèmes à un pays ami de la France qui, il est vrai, a tout fait pour se compliquer la vie par une gestion pour le moins maladroite du cas, le journaliste Ben Brik sera invité à se taire par le ministre des Affaires étrangères en personne sitôt arrivé à Paris. On ne croit pas savoir que la presse française ait trouvé l’injonction attentatoire à la liberté d’expression dès lors qu’elle leur était motivée par les intérêts supérieurs de l’Etat ; notion, il est vrai, galvaudée dans notre pays tant on en a usé et abusé.

On imagine sans mal les légitimes protestations des Français, de gauche ou de droite, face à quelqu’un qui se serait avisé à dire que Jean Moulin, semble-t-il porté sur le bon vin, ait pu mener telle ou telle action de résistance du fait de l’imprégnation alcoolique. Dans le même ordre idée, on peut, sans risque d’erreur, supposer que, si d’aventure, un journaliste, fut-il de l’extrême-gauche, venait à s’en prendre à l’honneur d’une Lucie Aubrac, toujours vivante (1), donc capable de se défendre, la France, puisque c’est elle le modèle, se serait, n’en doutons pas, unanimement indignée.

Mauvais présage, un livre accusant Abane Ramdane d’être un traitre (2), rien que cela, ne sera dénoncé que par sa veuve, réduite à courir, seule, les tribunaux pour faire condamner une ignominie.

Dérisoire consolation, la tendance à l’autodestruction n’est pas l’apanage de la presse. La position de cette dernière préoccupe, cependant, un peu plus car on ne la voyait pas accompagnant, de façon active, ce vertige suicidaire.

Appartenant à une génération extérieure aux déchirements de la guerre et d’après-guerre et ayant longtemps combattu les triturations des symboles de la nation dans les arcanes clientélistes, je me considère autorisé et mis en demeure d’exprimer mon désaccord devant une recherche systématique de la dévalorisation de nos mythes fondateurs, qui plus est, se pose comme le préalable et la condition de l’autonomie intellectuelle pour nombre de nos élites.

L’extension de dérapages, initialement limités à des publications mineures et éphémères et qui avaient fait de la provocation une devise, a atteint une telle échelle que cette contamination par le bas prend un caractère d’urgence. Elle nous interpelle tous.

Le traitement de l’affaire Ben Brik et de la réunion des partis de la coalition gouvernementale, entre autres, pose la question du devenir de la relation sociale et, secondairement, celle de la communication : la presse nationale, publique ou privée, s’est-elle suffisamment préparée pour affronter une phase historique inédite ?

La première, engluée sous la tutelle étatique et enkystée dans l’autocensure, végète tout en se desséchant. Les grandes plumes qui ont acquis le métier vieillissent. Certaines sont en retraites, d’autres se sont exilées ; celles qui se sont reconverties dans la presse privée n’écrivent plus ou si peu, absorbées quelles sont par les problèmes de gestion.

Les journaux, puisque la radio et la télévision sont toujours inaccessibles aux investissements particuliers, ne parviennent plus à se trouver une identité, une éthique et une qualité professionnelle qui prolongeraient dans la durée, maintenant que la paix revient progressivement, un crédit construit pendant la dure époque où il fallait survivre à la répression du pouvoir et à la folie islamiste.

N’insistons pas sur les organes d’Etat dont l’évolution dépend de la mutation des institutions et convenons que, puisque ces dernières sont en plein réaménagement, il y aura nécessairement un temps mort entre le dépassement d’outils informationnels délétères et la naissance d’un service public digne de ce nom.

Occupons-nous à essayer de comprendre ce qui empêche la presse privée d’assurer sa mutation-sa refondation ?-selon les exigences d’une époque où, pourtant, les événements et les évolutions constituent un terreau exceptionnel pour l’émergence d’une nouvelle pédagogie de l’information.

Les obstacles, traditionnellement à l’origine des limites du nombre et de la qualité des titres dans le tiers-monde, sont connus : problème d’argent, faiblesse du lectorat, censure et/ou répression des pouvoirs publics…

L’argument financier ne vaut pas pour les principaux quotidiens algériens puisque, et c’est à leur honneur, la plus part sont des entreprises florissantes. Le lecteur ne fait pas défaut ; l’Algérien lit et, malgré la crise sociale, nombre de citoyens achètent deux, voire trois journaux par jour.

Pendant longtemps, la censure a prévalue sous diverses formes : tracasseries judiciaires, pression par l’intermédiaire de la publicité, etc. quel que soit le point de vue que l’on soutient devant le refus obstiné du président algérien à s’adresser à la presse privée nationale, nul ne peut contester le fait que pas un journal n’a été inquiété depuis une année.

Qu’est-ce qui fait qu’en dépit d’une prospérité financière et d’une liberté de travail que lui envient bien des médias du Sud, la presse privée algérienne s’enlise dans la surenchère, cette autre forme de conformisme, et ne parvient pas au niveau de qualité qu’en attendent maintenant les citoyens ?

Les partis politiques ont des stratégies de communications médiocres, a-t-on avancé. Sans doute. Mais est-ce suffisant pour expliquer le fait que le sanglant et l’invective soient devenus des menus hégémoniques ?

Pour le bien de notre presse comme pour celui de notre société, il faut refuser de se résoudre à ces réductions. La difficulté à trouver de bons journalistes dans la jeunesse n’explique pas une certaine forme de régression, tant dans la qualité de l’écrit que dans la fiabilité de l’information.

La tentation grandissante d’un arbitrage narcissique, étouffant l’observation, témoigne d’une évolution préoccupante. La prudence et l’humilité qui ont marqué la naissance de notre presse cèdent devant les certitudes et les excès. L’outrance tient lieu d’autorité, le raccourci et la caricature dispensent de l’investigation et le jugement remplace l’analyse.

On a pu penser un instant que la longue privation de liberté avait conduit le journaliste à refuser, a priori, toute forme de concession à l’autorité au point de préférer l’hostilité à la recherche de la vérité. C’est un réflexe classique dans l’apparition de la presse post-parti unique dans le tiers-monde.

N’est crédible que celui qui contredit ou agresse. Les pays d’Amérique latine ont connu une brève période d’emballement médiatique les mois qui ont suivi leurs ouvertures démocratiques. Mais le souci de l’équilibre à vite repris le dessus, convaincus qu’étaient les journalistes, argentins notamment, que leur crédibilité ne pouvait survivre longtemps à la seule fringale du spectaculaire.

Le problème, en Algérie, et que cette phase de défoulement, au lieu de s’estomper, dure et s’aggrave avec le temps, altérant sévèrement l’image de la presse plurielle, non pas devant les pouvoirs publics mais du point de vue du lecteur auprès duquel les responsables des journaux ne semblent pas vouloir constater l’érosion qui affecte la confiance mise dans leur profession. Il serait pour le moins regrettable d’attendre la désertion du citoyen pour prendre acte de son droit à une saine information.

Le recours à l’évocation des martyrs de la presse algérienne pour justifier l’insuffisance ou la faute professionnelle ne serait convaincre ; d’une part parce que la mémoire des disparus condamne à l’excellence, d’autre part parce que nous avons trop longtemps dénoncé la confiscation des morts par lesquels le régime a légitimé ses dérives pour laisser se produire la manœuvre sur un registre aussi sensible que le droit de savoir.

Nulle personne, soucieuse de liberté et de progrès, n’a intérêt à voir se prolonger cette situation ou le chaînon vital qui peut amener les Algériens à une saine connaissance d’eux-mêmes et, le cas échéant, une meilleure organisation de leurs solidarités se délite dans l’abus et la gabegie d’un pouvoir sans contrôle ni bilan.

Mais la pire des choses qui puisse nous arriver et de nous enfermer dans le tabou, fatal celui-là, qui vaudrait que ces titres, parce que n’appartenant pas au pouvoir, soient, a priori, bons et donc non critiquable. C’est parce que l’acquis majeur dans l’Algérie de l’an 2000 reste la presse privée, qu’il faut la préserver.         

Ce qui se dit aujourd’hui en catimini doit pouvoir s’exprimer au grand jour. Il est injuste que les jeunes journalistes soient sous-payés quand ils font bien leur travail, il est dangereux de constater, qu’à l’inverse de ce qui se fait ailleurs, pas un titre n’a cru devoir organiser des cycles de formation pour les nouvelles recrues ou des séminaires de perfectionnement pour les plus anciennes. Se mettre en difficulté avec la réglementation fiscale n’est pas la meilleure façon de défendre sa liberté…

Il serait dommage que notre presse privée, dont l’apparition fut, à bon endroit chantée, ici et ailleurs, comme l’un des symboles les plus tangibles d’une légitime aspiration du Sud à l’émancipation démocratique, soit, en définitive, l’instance qui aura eu le plus de peine à s’installer dans la performance et la transparence au moment où le pays, toutes catégories sociales et toutes institutions confondues, se remet en question.

Dans ce monde de grisaille où se bonifie le pire, la création du Conseil de l’éthique apparait comme une lueur d’espoir. Souhaitons-lui bonne chance.

En tout état de cause, il y a en la matière, urgence pour une bonne pause. La responsabilité militante, le droit citoyen comme le devoir d’amitié pour les professionnels de la presse commande, aujourd’hui, de le dire. »

 

El Watan, n° 2886 du 7 juin 2000

(1)-Lucie Aubrac (de son vrai nom Lucie Samuel) est née le 29 juin 1912 à Paris, décédée le 14 mars 2007. Elle fut une résistante française à l'occupation allemande et au régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale.

(2)- Ali Kafi,Du militant politique au dirigeant militaire (mémoires).

Plaidoyer pour une communication institutionnelle

Publié le 26/07/2009 à 20:05 par chdjamel

 

L’absence de l’information crédible laisse place aux rumeurs

 

"Il y a ce malaise de nos gouvernants à ne pas pouvoir, ou vouloir, communiquer avec les citoyens par les différents supports existants : les médias lourds qu’ils contrôlent et la plupart des titres de la presse écrite, dont le nombre est aujourd’hui assez considérable, et qui ne demandent qu’à accéder à l’information au lieu de tomber dans le cercle infernal de la rumeur qui finit souvent par des démentis cinglants par ceux-là mêmes qui sont censés communiquer.

Les différents gouvernants, à quelque niveau de responsabilité où ils se situent, ne se sentent pas obligés de répondre aux différents questionnements de la société par le biais de la presse. Ils sont encouragés par une certaine culture officielle ambiante qui fait de la non-communication des actes de gestion des affaires de l’État. Pourtant, le premier magistrat du pays a fait montre, à l’entame de son troisième mandat, d’un regain de confiance à l’endroit des journalistes algériens auxquels il a instamment demandé de l’aider dans la recherche de l’information crédible et dans la lutte contre la corruption, un fléau qu’il a lui-même qualifié de “menace à la paix sociale”. Ainsi, en l’absence d’une information juste, le silence fait tache d’huile et la rumeur prend le relais à des stades d’élucubrations par certains titres qui poussent alors l’État à réagir par de vertes mises au point. Les exemples qui vont suivre accréditent cette gestion. Déchiffrage.

Accord d’association avec l’UE et la nécessité d’une révision

Signé le 1er septembre 2005, il est prévu une relecture avec des correctifs cinq ans après, c’est-à-dire le 1er septembre 2010. Comme par hasard, par des fuites organisées, on apprend que cet accord nous est défavorable même si l’on sait tous que la conclusion de ce traité, dans les conditions que l’on découvre aujourd’hui, avait été fait sciemment ; l’Algérie de l’époque étant à la recherche d’une reconnaissance politique. Pour certains spécialistes qui l’ont décortiqué, cet accord fait ressortir des incohérences et des inégalités dans les échanges. Au lieu d’organiser des centres de réflexion avec les concernés qui ont eu à en payer les frais (opérateurs économiques), universitaires, encourager des sujets de thèse, le programmer pour un débat public au Parlement, on se contente de faire la moue et de dénoncer un texte qui a été signé et approuvé par ceux-là mêmes qui le vouent aux gémonies. Ces négociateurs d’un État souverain ont donné leur approbation en leur âme et conscience. S’il est prouvé une quelconque incompétence, il faut non seulement changer les hommes, mais bloquer un processus dans lequel l’Etat s’est engagé. La communication à ce niveau a donné lieu à un fouillis incompréhensible même pour les initiés du dossier de la coopération.

Le retour inattendu des moines de Tibhirine

La sortie d’un général à la retraite face à un juge d’instruction, qui ouvre une information judiciaire, fait partie d’une normalité routinière, mais elle a donné du grain à moudre pour une certaine presse encore sous le charme macabre du “Qui-tue-qui ?”. En revanche, la sortie impromptue du président français, en présence d’un ami de l’Algérie, en l’occurrence le président Lula du Brésil, avait de quoi sortir de ses gonds l’Algérie qui a plus que souffert de ces années de terrorisme.
Encore une fois, c’est le silence radio au niveau officiel. Ce qui a poussé encore une fois la presse à répondre. Chaque titre à sa façon, en fonction des lignes éditoriales. Il y eut un tel cafouillage jusqu’à déterrer un repenti pour lui organiser une “presque conférence de presse”. Heureusement qu’il s’est trouvé des Patriotes pour réagir et répondre aux élucubrations de Buchwalter. C’est vrai que le silence est d’or, mais il peut être interprété comme un aveu de faiblesse.

Concessionnaires automobiles dans le flou

Ce n’est encore qu’une rumeur faute d’une information officielle. La taxe sur l’acquisition des véhicules neufs sera revue à la hausse. Vrai ou faux ? Devant le silence de l’autorité en charge du problème, le citoyen prend pour argent comptant ce que rapportent les médias, se basant sur des sources.
Même si le texte officiel, la loi de finances complémentaire, est encore à l’état de projet, une telle décision a dû être discutée au niveau gouvernemental ou tout au moins dans le cadre d’une rencontre interministérielle. Le conseil des ministres du 21 juillet dernier n’a pas évoqué cette taxe. Probablement, le gouvernement aurait préféré la reporter pour la prochaine loi de finances de 2010. Toujours est-il que les concernés, à savoir les concessionnaires automobiles n’ont pas été invités à des consultations. Ils apprendront peut-être la nouvelle au même titre que l’ensemble des algériens. Ce qui est une aberration.

Loi sur les investissements

Même chose pour cette nouvelle réglementation qui a dû être prise par le gouvernement sur la base de rapports et d’études, en ayant à l’esprit “les intérêts du pays”. L’information est sortie depuis près de quatre mois et fait l’objet de discussions et d’interrogations chez les concernés qui n’arrivent pas à trouver la bonne carburation pour communiquer même au niveau des ministères, dont ceux du Commerce et de l’Industrie. La sortie de l’un de ces derniers a été vite corrigée par son homologue des finances. Toute décision d’un état est souveraine, il aurait juste fallu communiquer les raisons et surtout les précisions tant attendues par les opérateurs étrangers installés en Algérie depuis des années. Étant à un même niveau d’information, chaque partenaire serait libre de prendre la décision qui lui convienne le plus au lieu de tout laisser dans un flou et une expectative déroutants.

Grippe porcine

Cette pandémie qui n’épargne aucun pays, à moins de se mettre dans un isolement total, a obligé l’OMS à produire des informations régulières pour pouvoir suivre son évolution et cette information ne peut émaner que des pays membres.
En Algérie, c’est encore une fois les médias qui ont donné l’alerte en annonçant des cas positifs, ce qui a poussé les autorités à réagir. Par à-coups plus pour calmer les populations que pour les sensibiliser (...) Malheureusement, le citoyen n’a droit qu’à des sorties de ministres qui jurent leurs grands dieux qu’aucun malheur ne peut nous atteindre, alors que le minimum aurait été d’interdire le pèlerinage à La Mecque pour les personnes âgées, donc fragiles. Il y va de la santé du citoyen.

Ce ne sont que quelques exemples récents traités superficiellement qui, une fois de plus,  interpellent les pouvoirs publics en vue de mettre en place une communication institutionnelle, d’une part, et entrer de plain-pied dans l’intelligence économique, d’autre part (…)"

ParOutoudert Abrous

 

Source : Liberté du dimanche 26 juillet 2009


 

 

 

Quand la presse banalise-t-elle l’arbitraire

Publié le 15/07/2009 à 18:17 par chdjamel
Quand la presse banalise-t-elle l’arbitraire

La presse banalise-t-elle l’arbitraire ? Dans une contribution publiée par la revue française Diplomatie, (numéro 36 du juillet-août), Saïd Sadi, président du RCD, est revenu sur l’attaque dont avait fait l’objet le siège du parti de l’avenue Didouche Mourad à Alger centre. Les faits remontent, comme le rappelle M. Sadi, au 10 avril 2009. Ce jour-là «le maire d’Alger centre, accompagné de son vice-président, ancien détenu de droit commun, lance un commando de délinquants contre le siège du Rassemblement pour la culture et la démocratie, parti de l’opposition démocratique, qui avait décidé de hisser des drapeaux noirs sur ses locaux pour dénoncer une campagne électorale ubuesque faisant suite à une violation de la constitution qui allait offrir la présidence à vie à Bouteflika. » Quelques jours auparavant, ajoute-t-il, la télévision publique, qui avait ignoré les activités de l’opposition des années durant, avait consacré son journal de vingt heures à relayer les anathèmes des organisations satellites du pouvoir qui condamnaient « les ennemis du peuple et de la nation qui avaient souillé l’emblème national». L’auteur de la contribution prend toutefois le soin de préciser que « la narration de ces faits et la description sommaire de leurs auteurs n’apportent pas vraiment des nouveautés pour qui observe la scène algérienne. » La nouveauté résiderait, selon lui, dans «la banalisation de l’arbitraire ». A cet effet, M. Sadi écrit ceci : «L’agression du siège (…) n’a soulevé ni émoi ni condamnation. Les organisations des droits de l’homme se sont accommodées du fait, les rares intellectuels encore présents dans le pays ont détourné les yeux et la presse privée a rapporté l’évènement comme elle l’aurait fait pour un fait divers.»

 

 

 

 

Le bilan de l’APN et le professionnalisme de la presse

Publié le 12/07/2009 à 15:41 par chdjamel

 Par Mustapha Hammouche

 

LAssemblée nationale a refermé une laborieuse session marquée par le vote d’une loi. Évidemment satisfait du travail réalisé par son institution, le président de l’APN a conclu son discours de clôture“en souhaitant à la presse un plus grand professionnalisme dans la couverture des activités parlementaires”.Comme on trouve toujours le temps de faire la leçon aux journalistes quand on n’a pas grand bilan à défendre ! Cela fait tellement longtemps qu’il ne nous parvient de l’hémicycle que des discours de campagne. À telle enseigne qu’on avait oublié qu’un Parlement, c’est fait pour discuter et voter les projets de loi que le gouvernement dépose et, si possible, d’en initier d’autres.

De ce côté-là, Abdelaziz Ziari n’avait pas grand bilan à présenter; il s’est rabattu sur le“débat”sur le plan d’action du gouvernement et la… diplomatie parlementaire. Depuis que l’Assemblée s’est transformée en comité de campagne contre l’alternance au pouvoir et pour un troisième mandat, il n’y avait plus de surprise à guetter du côté de l’hémicycle : le“débat”autour du programme du gouvernement ne pouvait être qu’une séance d’encensements mutuels. Le professionnalisme de la presse consistait-il à dire que le gouvernement a évité la motion de censure dans un pays où ce risque n’est même pas concevable ? Quant à la“diplomatie parlementaire”, l’APN a peut-être oublié de nous en communiquer les performances. La dernière prouesse diplomatique de notre Assemblée a consisté à offrir une tribune à son homologue iranienne pour y expliquer la légitimité de la répression d’électeurs sortis revendiquer le respect de leurs voix. Ce qui est tout à fait conforme au réflexe de solidarité des systèmes autoritaires. Il faut dire qu’en la matière, iln’était pas nécessaire de déployer de gros efforts pour atteindre“la convergence de vues”sur la nécessité de défendre“la démocratie islamiste”.

En lisant, avant-hier, la remarque d’un confrère selon laquelle une seule loi sur la cybercriminalité a été“débattue”et votée, on ne pouvait qu’être sidéré par l’improductivité législative de notre Assemblée. Que peut donc le professionnalisme de la presse pour un travail parlementaire qui tient plus du commissariat politique que de la fonction législative ?

Une seule loi, et une loi répressive, passée subitement parce que certains évènements ont éveillé le régime à la nécessité de surveiller nos téléphones portables et nos ordinateurs !

Que peut le professionnalisme de la presse pour une institution qui, depuis qu’elle est multipartite, soit depuis douze ans, n’a pas encore produit un seul texte législatif d’initiative parlementaire ?

Tout se passe comme si c’était la vocation des journalistes d’être la seule profession à recevoir des conseils d’éthique et de professionnalisme. Et parfois par des représentants de corporations qui sont loin de faire leur métier, en termes d’assiduité comme en termes de normes.

C’est parce que son personnel politique n’est pas défendable que le pouvoir le protège contre toute évaluation publique. C’est justement tout le contraire de la démocratie. Et c’est aussi ce qui le rend inapte à juger du professionnalisme des métiers de liberté.

 

Source : Liberté, le dimanche 12 juillet 2009

Lazhari Labter, l'écrivain et le journaliste

Publié le 21/06/2009 à 16:07 par chdjamel
Lazhari Labter, l'écrivain et le journaliste

Dans un entretien donné au Temps d'Algérie, Lazhari Labter  revient sur son intérêt à l'écriture en général et au journalisme en particulier.

 

Extrait:

 

(...) 

 On vous connaît beaucoup plus en tant que poète et journaliste. Maintenant vous passez à autre chose. Est-ce par nostalgie ?

 

Effectivement, j'ai commencé à écrire de la poésie, non seulement en langue française mais aussi en arabe. Je n'ai jamais abandonné la poésie, j'ai un recueil qui devrait paraître dans quelques mois. Donc, j'ai pensé non seulement aux poésies classiques mais aussi à la poésie aux vers libres. comme celle de Samih El Kacim, Mahmoud Derwich, Nezar Kabbani… qui m'ont marqué profondément, et la poésie que j'écris est celle de «l'amour courtois», liée en faite aux moualaquate, Abla, Madjnoun Leïla… Il y a aussi Aragon. Il s'est sans doute inspiré de Madjnoun Leïla pour écrireLe fou d'Elsa.

C'est cette poésie qui m'a toujours intéressé. Quant à moi, la majorité de ma poésie a été

dédiée à ma femme Yasmina que j'ai toujours chantée. A l'exemple de Benguitoune, de Abdallah Ben Keriou….

Le journalisme, c'est le métier que j'ai exercé pendant trente ans. Ce métier m'a permis de rencontrer des artistes, des écrivains, des hommes de cinéma et ces contacts ont été fantastiques. Il y a eu une période où l'Algérie a été frappée par un séisme de forte magnitude entre 1988 et 1998, comme je me trouvais avec Khaled Mahdi (que Dieu ait son âme) du bureau d'Alger de la Fédération internationale des journalistes en 1995, j'ai publié un ouvrage chez Harmattan sur nos confrères assassinés, qui n'était pas complet.

Ce n'est pas facile d'assister à la mort de nos confrères, nos camarades emportés souvent à la fleur de l'âge.

Il y avait plus d'une centaine assassinés entre 1993 et 1998, alors je tenais à écrire ce livre. Donc, c'est en 1998 que j'ai complété cet ouvrage paru chez Chihab et qui s'intituleJournalistes algériens 1998 – chronique des années de terreur mais d'espoir. Je dirai que la presse algérienne à joué un rôle capitale dans la résistance patriotique contre ces gens qui voulaient faire balancer l'Algérie vers l'archaïsme, à des temps révolus.

 

Comment êtes-vous venu à l'édition ?

 

L'amour de la lecture m'est venue de ma soeur. Très jeune en la voyant revenir de la bibliothèque avec des livres, je m'asseyais à côté d'elle et elle me racontait des histoires. Et lorsque, j'ai appris à lire, je lisais des contes et la bande dessinée, des livres de la bibliothèque verte, ensuite d'autres livres. La passion de la lecture, on la développe en étant jeune, d'où l'importance des familles à mettre des ouvrages à la disposition de leurs enfants. J'étais fasciné par le livre mais aussi curieux de sa fabrication. J'ai vu mon père jardiner, j'ai vu le ferronnier tordre le fer, mais le livre je n'avais aucune idée comment on le fabriquait, d'autant plus qu'à Laghouat il n'y avait pas d'éditeur.

Après donc le métier de journaliste et avec le recul, c'était naturel pour moi de me lancer dans l'édition, car c'était mon rêve d'enfant. J'ai travaillé durant quatre ans comme directeur d'édition à l'Anep. Quelque temps après, j'ai créé ma propre maison d'édition Lazhari Labter.

 

Source : le Temps d’Algérie, le dimanche 21 juin 2009

"La FNJA, un espoir renaît"

Publié le 29/05/2009 à 16:36 par chdjamel

 

Dans cet éditorial,Abdelkrim Ghezali revient sur la création de la fédération nationale des journalistes algériens (FNJA).

 

« ON aurait aimé que les choses se passent autrement. Mais que faire quand on ne dispose pas des moyens de ses rêves ? La Fédération des journalistes algériens est née après une grossesse nerveuse qui aura duré plusieurs années. Après tant de fausses de couches qui auront altéré une matrice pourtant fertile, après le MJA, l’AJA, le SNJA et le SNJ, la FNJA voit le jour sous le parrainage de l’UGTA.

L’avenir et le devenir de ce dernier-né dépendent de ce que ses adhérents voudront en faire. Les organisations précédentes ont été livrées à des directions qui les ont vidées de leur sens, de leur substance, qui les ont détournées de leurs objectifs initiaux, pour en faire des appendices d’appareils politiques ou du pouvoir, abandonnant ainsi une corporation à l’atomisation, à l’éclatement, à l’errance dans un contexte socio-économique difficile.

Le Conseil d’éthique et de déontologie, le mort-né de la manipulation politicienne, n’a jamais rien fait pour la corporation. Comment peut-il faire quoi que ce soit puisqu’il n’est pas l’émanation d’un consensus de la corporation, mais le produit d’une fuite en avant insensée et de calculs mesquins qui ont violenté le principe même de l’éthique. Depuis toujours, l’éthique de la profession est laissée à la seule appréciation des pouvoirs publics, des tribunaux et d’un code de l’information qui s’applique selon les humeurs.

Il n’est jamais trop tard pour agir et se prendre en charge, même sous une tutelle. Un syndicat affilié à l’UGTA, c’est mieux qu’un syndicat qui a une indépendance illusoire. Ce dont les journalistes, notamment la nouvelle génération, ont besoin, c’est d’un instrument qui défende leurs intérêts matériels et moraux et non d’une officine qui se manifeste occasionnellement pour organiser des manifestations sportives à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, d’une structure qui les regroupe, qui renoue le dialogue entre toutes les composantes de la corporation sans exclusive, sans distinction de tendances politiques, ni de langue, ni d’organe, ni de toute autre considération de quelque ordre que ce soit pour peu que l e j o u r n a l i s t e o b s e r v e scrupuleusement les principes cardinaux ayant permis à cette profession d’occuper le haut du pavé sous d’autres cieux. Il revient donc à la profession de redéfinir ces principes.

La FNJA peut servir de catalyseur pour tous les professionnels de l’information pour se concerter et rédiger cette charte tant attendue et qui tarde à venir. Si les éditeurs sont appelés, eux aussi, à se structurer pour défendre leurs intérêts et pour offrir à la FNJA naissante un interlocuteur collectif, ils n’en sont pas moins concernés par cette charte d’éthique et de déontologie qui pourrait donner un nouveau souffle à la presse algérienne et présiderait à sa renaissance.

Les pouvoirs publics, à travers le président de la République, ont exprimé leur disponibilité à assainir l’atmosphère qui règne depuis un certain temps entre la presse et les autorités, et aider le secteur à se restructurer et assainir ses rangs et son environnement.

Des journalistes ont pris l’initiative de s’organiser. C’est au tour des éditeurs de le faire afin que la corporation puisse aller vers des états généraux représentatifs et sortir avec des propositions opérationnelles pour une réelle mise à niveau de la presse algérienne. » A. G.

 

Source : la Tribune, le 30 mai 2009

Mahmoudi : « Une grande famille au travail »

Publié le 29/05/2009 à 15:24 par chdjamel

le 30 novembre 2006, le quotidien le jour d'Algérie a fêté son millième numéro. Abderrahmane Mahmoudi a rédigé un éditorial de circonstance, dont voici le contenu intégral:

 

"Le millième numéro du Jour d’Algérie est entre vos mains. Il correspond presque à trois ans d’existence et ce n’est pas peu dire. Etant personnellement plutôt un journaliste d’hebdomadaire, bien qu’ayant fait mes premières armes au quotidien El Moudjahid, je ne cache pas que j’ai éprouvé beaucoup de réticences et un peu d’appréhension avant de lancer une équipe sur un projet aussi ambitieux que celui de confectionner un quotidien politique national. N’eut été la conjoncture toute particulière liée au déroulement d’une campagne électorale présidentielle particulièrement rude, il y a même très peu de chances pour que nous nous embarquions dans une pareille aventure, nous qui étions si bien à notre affaire avec l’hebdomadaire «Les débats» qui nous donnait et continue d’ailleurs à nous donner de si grandes satisfactions.

Le fait est que l’âpreté de la bataille qui s’est installée autour des candidatures de Abdelaziz Bouteflika et de Ali Benflis a été d’une telle intensité que  l’équipe du

Jour d’Algérie n’a pas trop senti les mille et un obstacles qui se dressent sur le parcours d’un journal qui a décidé de se positionner pour l’un ou l’autre des candidats en lice. La course à l’imprimerie, l’accès à la publicité, puis son paiement au compte-gouttes, rapports déconcertants avec une administration des impôts qui ne perçoit pas souvent la spécificité économique d’une entreprise de presse, problèmes de distribution, dont le choc avec le cartel dominant n’est pas le moindre. Nous l’aurons compris, rien de ce que nous avons essayé d’éviter bien au chaud dans notre hebdomadaire ne nous aura été épargné au quotidien. Et n’eussent été les aides décisives de parties qui crurent en notre travail et qui nous apportèrent les soutiens voulus aux moments voulus, il ne fait aucun doute que les jours du «Jour d’Algérie» n’auraient jamais pu être comptabilisés par milliers. Cela nous aura en tout cas donné le temps de constituer une équipe qui, après d’innombrables essais, tentatives, ratages, expériences et stages non concluants, s’avère être aujourd’hui l’une des plus performantes sur le terrain, autant par la qualité de ses sources, que par la manière très didactique de transmettre une information de première main, présentée dans une maquette originale et agréable à consulter. Un juste équilibre a également su être trouvé entre le côté informatif largement présent dans le journal grâce à des enquêteurs de talent et un encadrement où l’analyse et le commentaire permettent de soutenir une ligne éditoriale claire et sans ambiguïté dont l’objectif essentiel est d’éclairer le vécu des Algériens et de leur fournir les moyens de mieux comprendre les enjeux sociaux, politiques, économiques, culturels et internationaux qui les concernent. Si par ailleurs nous ne prétendons pas livrer de grandes pages sportives faisant référence dans le paysage médiatique, nous en confectionnons tout de même deux par jour qui permettent à nos lecteurs de ne pas avoir à aller chercher ailleurs ce que nous leur offrons de façon très professionnelle. Tout comme notre journal reste l’un des rares quotidiens algériens à sauvegarder un espace éditorial qui nous paraît indispensable pour une bonne clarification des choses au milieu d’une opacité ambiante plus ou moins entretenue à dessein. De même que dans le  même registre, «Le Jour d’Algérie» est également l’un des très rares journaux à proposer une chronique Télé de haute facture.

Mille numéros donc qui reposent également sur la constitution d’une équipe technique où se côtoient d’étonnants jeunes loups, maîtrisant  les techniques les plus pointues de l’informatique et des vétérans du secrétariat général de rédaction désireux de hisser le journal au niveau technique le plus élevé. Le tout rigoureusement encadré par une administration étoffée et moderne qui nous insère en toute sérénité dans un environnement administratif, commercial et publicitaire pas toujours très commode. Et souhaitons que par la grâce de Dieu et le soutien de tous nos amis et la  fidélité de nos lecteurs, chaque jour plus nombreux, nous nous retrouvions ensemble pour célébrer notre deux millième numéro. "  

 

Abderrahmane Mahmoudi (Cet article a paru dans le jour d’Algérie du 30 novembre 2006)

ANP : « Les médias ont réagi favorablement à la politique de l’ANP en matière de communication »

Publié le 09/05/2009 à 12:00 par chdjamel
Les médias ont réagi "favorablement" à la politique de l'Armée nationale populaire en matière de communication, a affirmé dimanche 3 mai 2009, à Oran, un officier supérieur de l'Armée populaire nationale (ANP).

«Cette interaction des médias avec la politique de communication de l’Armée a été efficace et a largement contribué au processus de professionnalisation de l’ANP", a indiqué le chef de l'Etat-major de la 2eme région militaire, le général Amar Tlemcani. Cette contribution a-t-il dit à l’ouverture d'une semaine d’information sur le commandement de la 3eme région de la défense aérienne organisée à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté d’expression, a permis de « rapprocher le citoyen de cette institution et de faire connaître ses missions et objectifs à toutes les catégories du peuple". A cette occasion, des officiers du commandement de la défense aérienne du territoire ont donné des explications sur les missions assignées au service centralisé de recherche et de secours, et ses centres secondaires chargés des opérations en cas de catastrophes naturelles (...)

Source : APS, du dimanche 3 mai 2009